Plan de la formation

Plan de la formation (8)

L'arche de la Représentation - Modélisation (2)

 « La modélisation est le principal et sans doute le premier des outils dont nous disposons
pour étudier le comportement des grands systèmes complexes » (H Simon, 1990)

 

Agir <-> Penser en complexité c’est (se) représenter intentionnellement la situation ou le contexte dans lequel on intervient. Cette représentation est rarement réductible à un modèle simplifié voir simpliste (‘trivialisant’) qu’il suffira d’appliquer : les ‘données du problème’ sont rarement données ; il faut souvent les construire ou les reconstruire intentionnellement en ayant conscience qu’elles n’épuisent pas la description du phénomène : d’autres observateurs, ayant d’autres points de vue, établissent d’autres modèles.


On peut présenter l’appareil des principaux concepts que l’on mobilise ici en deux ‘Actes’ :

  • (RM-A) L’Acte du Disegno, ou ‘Décrire à Dessein’
  • (RM-B) L’Acte de La Modélisation Systémique

 

Chaque concept peut être caractérisé par diverses illustrations qui mettront en valeur son caractère opératoire, chacun d’eux devenant un ‘pense intelligent’ (selon le mot d’E Morin) fort bienvenus pour le modélisateur. (On pourra par contraste mettre en regard de chacun d’eux le concept ‘pense bête’ plus complémentaire que strictement contraire, que proposait la traditionnelle de modélisation réductionniste).Pour s’exercer à établir puis à co-établir son ‘intelligence de la situation’ dans laquelle il intervient, chaque responsable dispose ainsi potentiellement d’un faisceau de concepts opératoires - on pourrait dire une boite à outil virtuelle constituée au fil des siècles, ‘par bricolage et métissage’ dira E Morin, que l’on récapitule sommairement ici par quelques brèves illustrations et commentaires.

L'Arche du Raisonnement - Délibération (2)

« L’Ingenium a été donné aux humains pour comprendre
c'est à dire pour faire’ » G Vico (1710)

 

Nous pouvons dès lors nous attacher pragmatiquement à développer nos capacités cognitives de modélisation (l’exercice du ‘Disegno’) en mobilisant les multiples et multimillénaires ressources de la symbolisation : c’est pourquoi j’ai pris le pari d’en brosser ici le tableau en une dizaine de pages (que de nombreuses illustrations et annexes pourraient compléter). Nulle nouveauté, mais la présentation des alternatives que l’esprit humain a dégagées et expérimentées depuis des millénaires, alternatives qui nous permettent d’échapper à ‘l’étreinte fatale du réductionnisme analytique’ que les quatre préceptes du discours cartésien prétendaient imposer de façon exclusive ‘à la  bonne conduite  de la raison dans les affaires humaines’.

 

Ces mêmes ressources de l’esprit humain vont aussi nous permettre de ‘raisonner’ de façon explicitement opératoire sur le modèle communicable (le Disegno, fait de symboles) que nous établissons, en cherchant à nous ‘ingénier’ pour concevoir quelques dispositions alternatives possibles (puis tenues pour plausibles). Ces dispositions alternatives pourraient permettre de passer d’une situation actuellement perçue à une situation tenue pour préférable voire souhaitée. G Vico appellera ‘l’Ingegnocette étrange faculté de l’esprit humain qui est de relier ou articuler, au lieu de d’abord séparer ou diviser. H Simon propose souvent d’appeler cette ‘exploration du champ des possibles’ en exerçant son ingegno : « L’interaction Fins Moyens ». Pour atteindre une fin souhaitée, on peut envisager (ou concevoir) divers moyens alternatifs possibles ; et chaque moyen que l’on pourrait mettre en œuvre sera souvent susceptible de faire percevoir d’autre fins parfois recevables sinon souhaitables. 

 

De façon familière, raisonner en complexité, c’est ‘exercer son ingéniosité’, (son ‘Ingenium’), en recherchant pragmatiquement des solutions tenues pour possibles sans que l’on puisse être absolument certain qu’elles s’avéreront satisfaisantes (les solutions ‘satisficing’ par contraste avec les solutionsoptimizing’).

 

Le ‘principe d’Ecologie de l’Action’ constitue ici un précieux garde fou pour le bon usage de la raison dans les affaires humaines’.

 

‘Agir ↔ Penser en Complexité’ c’est aussi raisonner intelligiblement, (en général par simulation) sur des modèles pour élaborer des modes et des moyens d’actions possibles destinés à atteindre les résultats espérés. C’est ainsi s’exercer à ‘déployer l’éventail de la rationalité‘. Ne plus se contraindre au seul mode de raisonnement déductif, linéaire (‘la longue chaine linéaire de raisons toutes simples’, cause-effet, monocritère) et s’exercer consciemment aux multiples formes de raisonnements intelligibles (transductif, abductifs, récursif, retroductifs, dialogique, inductifs) ou plausibles et téléologiques, en général multicritères : raisonnements ouverts, d’argumentation fonctionnelle, et non plus exclusivement raisonnements fermés de démonstration formelle. Raisonnements dont on ne peut assurer qu’ils conduiront de façon certaine et définitive à une ‘solution durable’, telle que celle affichée par le calcul déductif de l’optimum mathématique, celui du raisonnement déductif du ‘syllogisme formel parfait’ que l’on tiendrait pour le seul parfaitement rationnel et exhaustivement informé, au regard d’un seul critère formel.

 

Sur quels modes d’interprétation et de questionnement critiques, et chaque fois que possible, collectivement délibérés, repose alors l’élaboration constructive séquentielle du ou des programmes d’actions collectives en jeu ?

 

On identifie généralement ici, dans la millénaire expérience des actions collectives, l’appareil des principaux concepts que mobilise ‘l’usage de la raison dans les affaires humaines’. Leur présentation peut se faire en les articulant en deux ‘Actes’ :

  • L’Acte ‘Raisonner sur nos modèles’
  • L’Acte ‘Simulations et interprétations’

L'Arche de l'Organisation - Transformation (2)

Agir↔Penser en complexité, c’est organiser intentionnellement l’action collective et la réorganiser continuellement dans ses contextes évoluants : Il faut ici abandonner les métaphores familières de la Structure (invariante, comme un squelette, qu’elle soit de type mécaniciste, cartographique ou anatomique), souvent représentée par ‘l’organigramme’ (en général explicitement hiérarchique, en arbre ou en râteau).

Les multiples expériences d’ingénierie et de gouvernance des organisations sociales de tous types vont ici être renouvelées : « L’intelligence organise le monde … en s’organisant elle-même ». L’organisation ne se définit plus par ce qu’elle est, mais par ce qu’elle fait et ce qu’elle devient. Ainsi peut s’enrichir notre entendement du « faire ensemble », qui n’exige plus la division a priori du travail, mais qui incite à articuler les fonctions. Une organisation qui proscrit la séparation du faire et du comprendre comme la désarticulation de l’agir et du penser.

Entendue dans sa complexité, l’Organisation est intelligible comme et par des Interactions évolutives ‘entre Ordre et Désordre’. Le paradigme de l’Auto - Eco - Ré Organisation, développé initialement par E. Morin, va ici s’avérer un support de compréhension dans l’action des comportements observés et espérés des groupes sociaux organisés (et par là (s’) organisant). Au sein de ces groupes s’exerce l’activité physique et informationnelle des acteurs : « l'organisation, la chose organisée, le produit de cette organisation, et l’organisant sont  inséparables. ».

On peut présenter l’appareil des principaux concepts que l’on mobilise ici en  deux ‘Actes :

    • Quelle est cette énigme : l'Organisation (Acte OT1)
    • Gouvernance des Organisations (Acte OT2)