Description

Le principe hologrammatique exprime que dans certains systèmes complexes la partie est inscrite dans le tout et le tout est inscrit dans la partie (Morin & Le Moigne, 1999)


Il en va ainsi dans les systèmes vivants où l'individu est présent dans chacune de ses cellules via l'ADN.


Ce principe peut être intéressant pour concevoir le fonctionnement de certains systèmes complexes.

Par exemple, dans la gestion d’un organisme, faire connaître et comprendre la vision stratégique ou la mission d’un organisme dans tout l’organisme, sans qu’il y ait appauvrissement du message au fil de la descente des échelons hiérarchiques. Ceci permet à chaque membre de l’organisme d’être porteur de la vision globale (ou de la mission) et de concevoir son action quotidienne en étant en mesure de la resituer dans la perspective globale plutôt que dans une perspective étriquée ou mutilée.

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Nous pouvons compléter cette définition par la présentation qu'en fait Jean-Louis Le Moigne :


Par une interprétation épistémologique originale de l’holographie optique, E Morin introduisait le concept hologrammatique permettait de généraliser la métaphore de ‘l’hologramme qui montre ce type étonnant d’organisation de la réalité physique où le tout est dans la partie qui est dans le tout et où la partie pourrait être apte à régénérer le tout’.


Le principe hologrammatique généralisé dépasse le cadre de l’image physique construite par laser. C’est peut-être un principe cosmologique clé. De toute façon, il concerne la complexité de l’organisation vivante, la complexité de l’organisation cérébrale et la complexité socio-anthropologique.


On peut le présenter ainsi : le tout est d’une certaine façon inclus (engrammé) dans la partie qui est incluse dans le tout. L’organisation complexe du tout (holos) nécessite l’inscription (engrammation) du tout (hologramme) en chacune de ses parties pourtant singulières ; ainsi, la complexité organisationnelle du tout nécessite la complexité organisationnelle des parties, laquelle nécessite récursivement la complexité organisationnelle du tout. Les parties ont chacune leur singularité, mais ce ne sont pas pour autant de purs éléments ou fragments du tout ; elles sont en même temps des micro-touts virtuels.[1]


 


Le principe hologrammatique exprime ainsi de façon condensée la célèbre ‘Pensée’ de Pascal[2]


« Donc toutes choses étant causées et causantes,  aidées et aidantes, médiates et immédiates,  et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible  qui lie les plus éloignées et les plus différentes, Je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout non plus que  de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties »


 





[1] E Morin ‘La Méthode T III, La connaissance de la connaissance’, 1986, ed du Seuil, p.101+

 

[2] B. Pascal, Pensées, 199-732 H

 

Ressources associées (illustrations, références ou actes)
Merci à Marie-José Avenier et à Jean-Louis Le Moigne pour la présentation de cette notion
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