Description

L’autonomie est définie comme la propriété d'un système en général rendant compte de son aptitude à être identifié et à s'identifier, à-la-fois différent et se maintenant différent des environnements substrats évoluant dont il est solidaire (le Moigne, 2001, p. 33).


Pour préciser cette notion complexe s’il en est, tournons-nous vers les travaux de Pierre Vendryès (1973). Pour cet auteur, un système est dit autonome lorsqu’il est capable de se gérer selon ses propres règles. Son autonomie est développée à partir du milieu dans lequel il intervient et par rapport à lui (Vendryès, 1973, pp. 57-58). L’autonomie d’un système est donc sa capacité à se comporter en référence à des règles que le système définit lui-même en relation avec  le milieu dans lequel il fonctionne.


Par exemple la spécification du règlement intérieur d’une entreprise s’effectue de manière autonome, tout en étant tenu de respecter les règles sociales et juridiques du secteur d’activité et de l’état dans lequel l’entreprise est implantée. Il peut donc y avoir des différences dans le règlement intérieur de deux filiales d’un même groupe implantées dans des pays différents.


La définition de Pierre Vendryès est en accord avec l’étymologie du mot « autonomie ». Autonomie vient du grec autos (soi-même) et nomos (loi). Ceci suggère qu’un système autonome fonctionne selon des règles qui lui sont propres, qu’il auto-produit en relation avec son environnement.


Autonomie ne signifie donc pas indépendance. Selon Edgar Morin, l’autonomie est la capacité qu’a un système de gérer ses dépendances avec ses divers environnements.


La notion « d’expédition polaire en autonomie complète » fournit une illustration parlante de cette vision de l’autonomie. En effet, au cours de ce genre d’expédition, les membres de l’expédition ne reçoivent aucun ravitaillement exogène au territoire de l’expédition : ils doivent anticiper ce dont ils auront besoin pour gérer leurs dépendances aux conditions environnementales rencontrées pour leur nourriture, leurs déplacements, leur protection contre les aléas climatiques et les éventuelles agressions par des animaux sauvages, etc.


Par ailleurs, l’autonomie n’est pas non plus incompatible avec une certaine hétéronomie, qui, en revenant à l’étymologie heteros (l’autre) et nomos (loi), peut être comprise comme un fonctionnement selon des règles définies par un autre système. Ainsi l’autonomie humaine peut s’exercer même en univers concentrationnaire (Crozier et Friedberg, 1977) et dans un environnement de travail très automatisé, où elle apparaît même indispensable au bon fonctionnement de l’ensemble des systèmes automatisés (de Terssac, 1992).


Références

  • Crozier, M., & Friedberg, E., 1977. L'acteur et le système. Paris: Seuil.
  • Terssac (de) G., 1992, Autonomie dans le travail, Paris : PUF.
  • Le Moigne, J.-L. (2001). Le Constructivisme, Tome 1: Les Enracinements. Paris: L’Harmattan.
  • Vendryès P., 1973, Vers la théorie de l’homme, Paris : PUF.


 

Merci à Marie-José Avenier pour la propostion de cette définition
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