Description

Les sciences cognitives par la diversité des disciplines concernées veulent rendre compte de la pensée et de l’action humaine : perception, langage, mouvement, reconnaissances des formes, formation des concepts, raisonnements, mémorisation, intelligence artificielle, systèmes experts, etc. En assimilant l’esprit humain à la machine de Turing (i.e. à un système informatique dont les compétences computationnelles signifient l’intelligence humaine) les sciences de la cognition ont constitué celle-ci en objet scientifique. Dans le cognitivisme classique, la cognition est identifiée à un système de traitement linéaire et séquentiel de l'information, où:

i) les « données des sens » sont considérées comme une entrée, à laquelle succèdent la perception et le raisonnement, qui débouchent enfin sur l'action, envisagée comme une sortie ;

ii) assume l'existence des représentations symboliques et codées qui permettent au système de concevoir une solution au moyen de calcul, et

iii) maintient que la connaissance peut être comprise en se concentrant principalement sur les processus cognitifs internes d'un organisme i.e. spécifiquement ceux comportant le calcul et la représentation. L’approche « représentationniste » de la cognition considère le monde comme pré - déterminé, pré - défini. Ce monde antécédent à l’action pose donc des problèmes d’adaptation que l’individu doit résoudre en « computant » à l’aide de processus cognitifs différenciés et morcelés (perception, décision, attention, mémoire, …).


Cette conception est largement discutée aujourd’hui, en particulier par Francisco Varela, qui énonce : « .... l’insatisfaction principale à l’origine de ce que nous appelons ici l’approche de l’énaction est simplement l’absence complète de sens commun dans la définition de la cognition à ce jour. Pour le cognitivisme comme pour le connexionnisme actuel, le critère d’évaluation de la cognition est toujours la représentation adéquate d’un monde extérieur prédéterminé. On parle soit d’éléments d’information correspondant à des propriétés du monde, soit de résolution de problèmes bien définis qui impliquent un monde aussi bien arrêté. Cependant, notre activité cognitive quotidienne révèle que cette image est par trop incomplète. La plus importante faculté de toute cognition vivante, est précisément, dans une large mesure, de poser les questions pertinentes qui surgissent à chaque moment de notre vie. Elles ne sont pas prédéfinies mais énactées, on les fait émerger sur un arrière-plan et les critères de pertinence sont dictés par notre sens commun d’une manière toujours contextuelle »

Ressources associées (illustrations, références ou actes)
Nous remercions Philippe Fleurance pour cette contribution!
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