Description

(Définition usuelle)

Les dictionnaires contemporains ignorent encore ce substantif verbal, comme ils ignorent le verbe (et l'action de) finaliser, qui lui a donné naissance. Ils ne se réfèrent qu'au résultat de cette action : la finalité qui exprime l'adaptation de moyens à une fin. Définition qui ne précise pas lequel des deux termes doit ou peut s'adapter à l'autre, même si, dans les contextes usuels, il est tacitement entendu que la fin est donnée et invariante.
Le concept a pourtant une longue histoire dans nos cultures, depuis Aristote, pour qui "les fins occupaient une place centrale dans la logique" (dixit J. Dewey) à Kant, qui insistait : "un produit organisé de la nature est celui par lequel tout est fin et réciproquement aussi moyen". Il réapparaît progressivement grâce à la restauration du concept connexe de "téléologie" par la cybernétique (N. Wiener, 1943) : en 1974 le philosophe et épistémologue J. Ladrière introduisait le concept "d'auto-finalisation" ("... C'est une téléologie qui se construit. Il n'y a pas un "télos" posé à l'avance... un processus d'auto-organisation...". Depuis le concept de finalisation (et les concepts connexes d'auto-éco-finalisation) se développe progressivement, en particulier dans le champ de la modélisation systémique, accompagnant et illustrant celui de téléologie que les pragmatistes et les systémiciens ont restauré à partir de sa définition fondatrice par Kant. (Une science critique des processus de finalisation, démarche souvent tâtonnante d'interaction récursive transformant les fins et les moyens : "un système finalisé est finalisant" : c'est cette interaction complexe qui définit la finalisation.

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