Description

On peut isoler la flamme d’une bougie, très beau petit moteur, sauvage dans sa nudité, civilisé dans sa régularité : c’est que ce moteur sauvage n’existe qu’en fonction de la bougie civilisée, et l’ensemble flamme/bougie constitue un petit polysystème, alors qu’isolément la flamme est un système énergétiquement ouvert, et la bougie un système clos, ensemble ils constituent autre chose, de multiple et d’ambigu, où la bougie peut apparaître comme la réserve énergétique du système flamme, où la flamme peut être conçue comme le procès de désintégration du système bougie, où la bougie peut être conçue comme une petite machine à produire de la lumière faisant partie de la mégamachine anthropo-sociale. De même, la machine artificielle peut et doit être isolée comme être physique autonome, mais aussi reliée et intégrée comme moment et élément d’une organisation anthropo-sociale. Or, en chacun de ces exemples, nous voyons que la description de la machine change, et parfois radicalement, selon qu’on change de point de vue.
D’où le problème de l’observateur/descripteur/concepteur : il doit disposer d’une méthode qui lui permette de concevoir la multiplicité des points de vue, puis de passer d’un point de vue à l’autre ; il doit disposer de concepts théoriques qui, au lieu de fermer et d’isoler les entités (physique, biologie, sociologie), lui permette de circuler productivement. Il doit concevoir en même temps le  sujet actif inscrit et enraciné dans une société et la société dans laquelle il s’inscrit. EM T1 p.

(réf à compléter)
(plus précisément en lien avec le § Le paradoxe de l’observateur- descripteur’)

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